FAQ

Vos questions….notre mission

N.B. Cette « Foire aux questions » (FAQ) est conçue à partir de situations rencontrées dans ma pratique pour fournir des éléments de réponses à diverses questions souvent posées en consultation. Il ne s'agit pas d'une revue complète et exhaustive des diverses conditions, ni d'un ouvrage médical. Les réponses sont toutefois basées sur les évidences scientifiques et les bonnes pratiques de la physiothérapie. Les explications se veulent appliquées, fondées sur mon expérience clinique et ma pratique.

L'objectif est d'aider à mieux comprendre les douleurs, le corps, les articulations, les muscles et les effets de l'inflammation sur ces derniers et les liens entre chacun de ces éléments. Comprendre fait partie de la solution.

D'une bonne information, découle une bonne décision.

1 - Ai-je besoin de consulter un médecin avant de consulter un physiothérapeute?

Ça dépend…du type de douleur, de son intensité, du temps écoulé depuis la blessure, de la couverture d'assurances*, etc.

À titre d'exemple, si une douleur est assez intense pour empêcher de dormir, de marcher, de fonctionner, il faudrait consulter un médecin.

S'il s'agit d'une douleur de type chronique, bien connue, la consultation du médecin avant la consultation de physiothérapie n'est pas toujours nécessaire. Les physiothérapeutes peuvent recevoir des clients en accès direct depuis 1994. Le physiothérapeute fera une évaluation et si une consultation médicale est nécessaire pour éclairer une situation clinique, il dirigera le client vers un médecin.

*Les compagnies d'assurances collectives demandent parfois une consultation médicale avant la consultation de physiothérapie; il s'agit de vérifier avec le fournisseur d'assurances.

2 - Pourquoi ça fait mal?

En général, il y a une douleur quand un tissu est blessé (étirement, contusion, élongation, inflammation).

Le mot général utilisé en physiothérapie pour un tissu blessé est «lésion» : lésion musculaire, lésion ligamentaire, lésion articulaire. Les problèmes orthopédiques rencontrés en clinique sont le plus souvent d'ordre musculaire, d'ordre articulaire ou les 2 à la fois. Les problèmes chroniques impliquent nécessairement les deux, les troubles articulaires faisant augmenter les tensions musculaires et vice-versa. Le traitement visera à briser le cercle vicieux dans lequel la région douloureuse est prise au piège. Dans les problèmes aigus, l'inflammation et la blessure des tissus sont la cause de la douleur.

3- De quelles douleurs parle-t-on en physiothérapie?

Quelques mots de vocabulaire pour aider :

  • Douleur aiguë : Douleur récente, souvent accompagnée d'inflammation.
  • Douleur chronique : Présente en permanence ou se répète dans le temps. On parle de chronicité quand une douleur est présente pour plus de trois mois.
  • Orthopédique : Qui concerne les systèmes musculaires et articulaires et le squelette.
  • Neuro-musculaire : Qui concerne les muscles et le système de communication entre le système nerveux et les muscles.
  • Musculo-squelettique : Qui concerne les systèmes musculaires et articulaires et le squelette.
  • Seuil de douleur : Intensité du stimulus ou des stimuli qui sont interprétés par le cerveau comme étant une douleur. En-deçà du seuil de douleur, les stimuli sont souvent interprétés comme étant de la pression ou de l'inconfort. Au-delà du seuil, c'est une douleur. Plus le seuil de douleur est élevé, moins il y a de douleur pour le même problème.
  • Interprétation de la douleur : C'est la somme des différents stimuli reçus par le cerveau et analysés selon les facteurs personnels et culturels, selon les expériences personnelles, etc.

Parmi les problèmes les plus fréquents traités en clinique, on retrouve les douleurs de genoux et de dos tels que les entorses ou luxation du genou, les tendinites du tendon rotulien, les entorses lombaires, les hernies discales et les sciatiques.

Parmi les problèmes les plus sous-estimés, parce que souvent plus complexe qu'il n'y parait, on retrouve les problèmes d'épaule et de cou tels que les tendinites de la coiffe de rotateurs, les tendinites du biceps, les entorses cervicales, les torticolis, les cervico-brachialgies (douleurs au cou et au bras) et les «whiplash ».

Parmi les problèmes oubliés, on retrouve les maux de tête et de pieds. Le fait que certaines causes mécaniques de ces douleurs puissent être traitées en physiothérapie est méconnu. La fasciite plantaire et les migraines en sont des exemples.

4- Maux de dos et de hanches: Lombalgie, hernie discale, sciatique, syndrome du pyramidal, tendinite du grand trochanter…

Tous ces maux peuvent être traités en physiothérapie. Voici ce dont se préoccupe le/la physiothérapeute pour les problèmes reliés au dos, au bassin et aux hanches :

  • La mobilité des segments impliqués dans la douleur, mais aussi des segments non douloureux. Ces derniers ont tendance à limiter le mouvement par leur rigidité (raideurs);
  • La protection des niveaux vertébraux qui montrent des signes de dégénérescence;
  • La force et coordination des muscles transverses de l'abdomen;
  • La qualité des muscles lombaires (raideur-souplesse-force), pelviens et des jambes;
  • La coordination musculaire des muscles dorso-lombaires (multifides, ilio-lombaire, carré des lombes, grand dorsal, etc.) et des jambes (grand fessiers, bandelette ilio-tibiale, quadriceps);
  • La relation entre les ceintures scapulaire et pelvienne;
  • Et d'autres éléments variables en fonction du problème présent (individualisation des traitements).

Le physiothérapeute détermine le traitement approprié en fonction des troubles relevés lors de l'évaluation. Plusieurs options de traitement sont disponibles pour un même problème. Avec l'évolution de la condition, le physiothérapeute choisit la meilleure option à chacune des séances.

5 - Douleurs au genou (tendinite, syndrome patello-fémoral, blessure ligamentaire…)

Une douleur au genou cache nécessairement un déséquilibre des tensions entre les zones antérieure et postérieure ou entre les côtés interne et externe du genou que ce soit à la suite d'un accident, d'une blessure ou d'une douleur développée avec le temps. L'évaluation en physiothérapie met en lumière les forces et les faiblesses du genou et un plan de traitement est établi selon les besoins individuels. Si les structures (ligaments, muscles, ménisques) ne sont pas endommagées, la récupération est généralement complète, peu importe l'âge ou la condition physique. L'une des particularités du genou est que cette articulation prend beaucoup de charge. La réadaptation complète nécessite donc (en plus des mobilisations, des étirements, des exercices de renforcement et de contrôle musculaire) des exercices de proprioception et des manœuvres qui ajoutent de la charge sur l'articulation afin d'éviter les récidives de blessure.

Des conditions telles que l'arthrite ou l'arthrose peuvent laisser des séquelles de dégénérescence à l'articulation. Dans ces cas, la modification de certaines habitudes et le maintien un programme d'exercice régulier sont recommandés.

6 – Est-ce qu'une tendinite (tendinopathie) ça se traite? Y aura-t-il une fragilité résiduelle?

- Qu'est-ce qu'une tendinite?

Comme la terminaison du mot en «ite» l'indique, une tendinite est une inflammation d'un tendon. L'inflammation au niveau du tendon fait augmenter sa grosseur (diamètre) et limite le mouvement ou cause une friction sur les structures environnantes, ce qui entretien l'irritation du tendon et peut même entraîner une certaine dégénérescence. Plus la durée de la tendinite est longue, plus la structure du tendon s'altère, plus il devient fragile. En cas de chronicité, la tendinose s'installe. La densité des fibres diminue et l'orientation s'altère. La force que le tendon est capable d'absorber diminue.

Les tendinites les plus fréquentes se situent aux articulations du genou (tendinite du tendon rotulien), de l'épaule (tendinite de la coiffe des rotateurs, tendinite du biceps) et de la cheville (tendinite du tendon achilléen).

Le «tennis elbow» ou épicondylite est aussi une tendinite. La fasciite plantaire est aussi une tendinite. (réf. # 7)

- Traitement d'une tendinite

Toute tendinite se traite avec la physiothérapie. Une évaluation est faite pour relever les problèmes propres à chaque tendinite. Un plan de traitement adapté en découle. L'évolution de la condition dépend entre autres de la mobilité articulaire, de la souplesse musculaire et du nombre d'articulations impliquées dans la mécanique de mouvement. Plusieurs facteurs influencent la complexité du problème : l'inflammation, le degré d'usure des tendons, le stress mécanique appliqué sur les structures quotidiennement, le temps écoulé depuis la blessure, l'anatomie, et d'autres facteurs personnels tels que la génétique.

- Séquelles

Si l'intégrité des diverses structures impliquées (articulaires, musculaires, nerveuses) est maintenue, il ne devrait pas y avoir de fragilité résiduelle. Si l'intégrité des structures (structures endommagées par l'arthrose, déchirure, dégénérescence, etc) est atteinte, une certaine fragilité peut persister.

7 – La faschiite plantaire, est-ce que ça se traite?

La faschiite plantaire est une condition complexe car le pied renferme plusieurs structures rigides qui font sa stabilité. Le pied est aussi le segment du corps qui doit absorber le plus de charge à la marche, à la course et même en posture statique debout.

L'évaluation de physiothérapie consiste à vérifier la mobilité du pied, la force des divers muscles reliés au pied et à faire le bilan de la mobilité du pied tant en mise en charge (lorsque debout) qu'en décharge (assis ou couché). Tel que pour les blessures au genou (voir #5) les exercices de proprioception sont essentiels à la récupération complète du pied.

Il est important de savoir que le pied est excessivement important pour tout l'équilibre du corps. Quand il est blessé, il faut le traiter immédiatement.

8- Est-ce que je dois arrêter mon sport pendant la réadaptation?

Cesser toute activité n'est pas toujours nécessaire. Plusieurs facteurs entrent en ligne de compte dans cette décision soient : la nature de la blessure, le tissu lésé, le caractère aigu ou non du problème, l'intensité de la douleur, la prise de médicament, le type de sport pratiqué, etc. Une ligne de conduite facile à retenir est de respecter la douleur et de reconnaître ses limites. Cesser toute activité sportive peut parfois retarder la réadaptation, tout comme poursuivre les activités sans les adapter à la condition temporaire. Réactiver le processus inflammatoire encore et encore après chaque entrainement retarde indûment la guérison. Il faut trouver la limite, sans la dépasser, afin de progresser.

Dans le cas d'une blessure aigu, il est préférable de prendre du repos. Un autre élément important est la stabilité de l'articulation. Une articulation instable due à un ligament étiré ou déchiré doit d'abord être stabilisée avant de reprendre l'entrainement.

9- Est-ce que je peux m'entraîner la journée même d'un traitement?

En aigu, une articulation est plus fragile, donc un entrainement suivant un traitement est plutôt déconseillé. Pour une douleur chronique, c'est le résultat du traitement qui détermine s'il est possible ou non de s'entraîner suite à une séance de physiothérapie. Le degré d'irritation ou d'inflammation reproduit lors de la séance peut dicter le comportement en soirée. La fatigue musculaire est un autre facteur influençant l'ajout ou non d'exercices. D'autres facteurs tels que la qualité du contrôle musculaire atteint, la proprioception, la quantité d'exercices faits à la clinique et le nombre d'heures de repos entre la fin de la séance de physiothérapie et l'entrainement sont aussi déterminants dans la décision finale.

Par ailleurs, deux questions clés peuvent aider à prendre une décision :

  • 1) «comment vous sentez-vous?»
  • 2) «Est-ce que vous devez prendre des médicaments pour soulager la douleur au repos?»
  • La logique et le 'Gros Bon Sens' font souvent office de règle de conduite adéquate dans ces circonstances.
  • Et il est parfois préférable de rester loin des pressions des coéquipiers et/ou des coaches mal informés sur la blessure afin de prendre une décision éclairée.

10 - Les espoirs concernant les résultats de traitement

Le corps a de multiples ressources de guérison et de compensation. Une lésion tissulaire musculaire ou articulaire guérit par l'action intrinsèque du corps, comme la peau se répare par elle-même en cas d'égratignure ou de coupure. Si des traitements sont ajoutés parallèlement à cela, les chances que les tissus reprennent de façon optimales sont maximisées. Par exemple, un ligament de cheville ou de genou guérit de façon optimale si l'alignement de l'articulation est elle-même optimisé par des traitements de physiothérapie adéquats. Si l'articulation reste dans un alignement inadéquat, le ligament guérit de façon moins optimale et permet plus de mouvement lors de stress mécaniques importants (par exemple, des sauts, des arrêts brusques, des mouvements dans la neige), même s'il ne s'agit que de millimètres.

Dans les cas de douleurs résiduelles dues à de vieilles blessures, il est toujours temps de traiter ces régions, car le corps est en perpétuel changement et il y a continuellement une régénérescence des cellules. Un ligament mal guéri ou ayant de cellules mal alignées peut donc toujours s'améliorer pourvu que le problème soit identifié et corrigé. Il en est de même pour toute lésion concernant la colonne, car tel que vu précédemment (voir #2 et #3), une grande partie des troubles musculo-squelettiques ne sont qu'un débalancement articulaire et musculaire. Pour corriger de tels problèmes, une bonne thérapie manuelle fait parti de la solution de même qu'un programme d'exercices adapté et personnalisé.